En sortie d’hiver, les jeunes adventices sont très compétitives. Elles exercent une forte concurrence sur le blé en puisant sur les ressources essentielles. Cette période coïncide souvent avec la reprise de la fertilisation azotée en présence d’adventices non maîtrisées. D’autre part, certaines mauvaises herbes développent des résistances qui réduisent l’efficacité et le nombre de solutions.
Le désherbage du blé est une étape clé dans la réussite de l’itinéraire technique qui doit se raisonner à la parcelle. Des familles d’herbicides, très utilisées en sortie d’hiver, montrent des limites sur certaines flores (ray-grass, séneçon, matricaire, coquelicot). Un diagnostic précis de la parcelle en amont est indispensable pour une stratégie efficace. Il est donc essentiel d’adapter vos programmes, de mettre en place les bonnes mesures agronomiques ou mécaniques en complément de la lutte chimique et de cibler vos interventions.
Des essais conduits par Arvalis – Institut du Végétal montrent que le positionnement du désherbage influence surtout l’efficacité des herbicides. Indépendamment du rôle de la fertilisation, les désherbages précoces réalisés au moment du premier apport d’azote montrent que l’efficacité est maximale.
Un passage tardif pénalise doublement la situation :
Afin d’optimiser vos stratégies de désherbage, il est essentiel de distinguer les graminées annuelles (vulpin, ray-grass, avoine, pâturin ...) des dicotylédones (coquelicot, gaillet, matricaires, véroniques...) à la parcelle. Cette approche permet d’identifier les périodes à risque et les risques propres à la parcelle, d’augmenter l’efficacité des programmes herbicides en fonction du type de l’adventice, et limiter les résistances notamment les adventices qui sont difficiles à maîtriser.
Les résistances sont principalement liées à l’utilisation de la même molécule active, aux réductions de doses, à la simplification de certaines pratiques agronomiques et à la forte pression des adventices. Il est recommandé d’alterner, d’associer et diversifier les modes d’actions, diversifier les techniques culturales et si possible, introduire de nouveaux modes d’actions dans les programmes.
En sortie d’hiver, les jeunes adventices reprennent activement leur croissance. Il est recommandé de désherber le plus tôt possible pour éviter la concurrence précoce, assurer une meilleure efficacité des herbicides et diminuer les risques d’échec. Un désherbage tardif laisse souvent les adventices monter en graines.
Un apport d’azote positionné au stade tallage doit impérativement être précédé d’un désherbage. En cas de rattrapage en sortie d’hiver, un désherbage précoce est à privilégier pour limiter la lever des adventices et optimiser la fertilisation des cultures.
En absence de désherbage d’automne ou d'insuffisance, il est recommandé d’intervenir en post-levée précoce dès 1 feuille. En cas de forte pression graminées et dicotylédones, un second passage peut être envisagée (stade 1 feuilles puis 3 feuilles).
En cas de pression graminées élevées, il est recommandé d’utiliser en post-semis pré-levée, un herbicide racinaire à action anti-graminées pour efficacement gérer les résistances.
En cas de flore mixtes ou de levées tardives, il est conseillé de choisir un herbicide à large spectre d’action (antigraminées et anti-dicotylédones). En présence d’adventices déjà développées, il est recommandé de désherber avant un apport d’azote.
Afin de limiter ces risques, il est préconisé de désherber dès que les conditions le permettent.
L’efficacité dépend de plusieurs critères. Il est essentiel d’ajuster la stratégie de désherbage en fonction de l’échelle parcellaire : une seule application est envisageable si la rotation est longue, s’il y a une faible densité d’adventices, un bon travail du sol et un historique de désherbage variée. Dans le cas où une intervention n'est pas suffisante, il est essentiel de construire vos programmes herbicides (de préférence en prélevée) dès l'automne et de diversifier les modes d'action en complément des pratiques agronomiques pour maximiser l’efficacité et limiter l’apparition des résistances.
Il est recommandé d’intervenir jusqu’au stade 1-2 feuilles pour assurer une bonne efficacité de désherbage et éviter de pénaliser la culture.
Associer plusieurs modes d’action permet de renforcer l’efficacité du désherbage et limiter l’apparition de résistances.
Les conditions favorables à la réussite du désherbage en sortie d’hiver :
La qualité d’application
Pour assurer une bonne qualité d’application en sortie d’hiver, il est recommandé d’associer les herbicides à modes d’action différents en s’assurant de la compatibilité des herbicides et du respect des conditions d’application. Dans le cas où l’on choisit un herbicide à large spectre d’action (antigraminées et anti-dicotylédones), il est essentiel de s’assurer que l’ajout d’un adjuvant est compatible avec la sélectivité de l’herbicide.
1) Bien préparer son semis à l’automne
2) Identifier la ou les flore(s) présente(s)
3) Adapter sa stratégie de désherbage en fonction de l’échelle parcellaire
4) Positionner son désherbage
5) Assurer les bonnes conditions d’application