Les graminées comme les dicotylédones sont difficiles à maîtriser en raison de leur concurrence précoce, pénalisant l’implantation du colza. Le désherbage chimique étant le dernier levier pour limiter la concurrence des adventices, il est essentiel d’intervenir le plus tôt possible en mettant en place les bonnes stratégies de lutte en amont de la culture : diversifier les cultures, travailler le sol et optimiser les couverts associés au colza et en inter-culture.
L’utilisation répétée d’une seule matière active favorise la sélection de populations résistantes. Pour préserver l’efficacité des herbicides, il est essentiel d’alterner, d’associer et diversifier les modes d’action.
Un mauvais diagnostic de la flore ne permet pas d’identifier l’espèce dominante dans une parcelle. Afin de réduire le stock semencier, il est essentiel d’identifier, à l’échelle parcellaire, l’adventice problématique ou récurrente au fil des rotations. Par ailleurs, en présence de flore mixte, il est nécessaire de définir des priorités de lutte et construire un programme de désherbage adapté au contexte parcellaire.
Certaines dicotylédones, comme les géraniums ou les coquelicots, sont devenues particulièrement problématiques. En France, on constate une forte progression de ces espèces dans les rotations colza-céréales. Leur capacité à développer des résistances rend leur gestion particulièrement difficile. Afin de préserver le colza, limiter durablement la pression des adventices et les résistances, il est essentiel de mettre en place les bonnes stratégies de lutte.
Dans un contexte marqué par le changement climatique, il est difficile de positionner ses traitements, c’est pourquoi il est essentiel de mettre en place les bonnes stratégies de désherbage et de privilégier des herbicides offrant davantage de souplesse d’intervention.
En présence de graminées et dicotylédones, il est recommandé d’intervenir en post-levée car les herbicides restent efficaces même en conditions sèches. A l’inverse, les modes d’action en pré-levée dépendent de l’humidité.
D’autre part, face à un spectre d’efficacité limité en raison du nombre restreint de molécules, notamment contre les dicotylédones, il est recommandé d’observer et diagnostiquer la flore, puis d’adapter le choix des herbicides en fonction des adventices présentes.
Les vulpins, ray-grass, gaillets, géraniums et matricaires figurent parmi les espèces les plus envahissantes à surveiller en priorité en raison de leur levée précoce. Leurs forts potentiels de concurrence peuvent rapidement compromettre l’implantation du colza et nuire au rendement.
Il est difficile d’évaluer par une simple observation au champ le niveau de pression des adventices d’une parcelle. Afin de contrôler et évaluer la pression des adventices, il est essentiel de suivre l’historique parcellaire, d’identifier les espèces présentes, de mesurer le peuplement et d’estimer leur densité (nombre de pied/ m²). Des outils de diagnostic et d’aide à la décision permettent d’estimer leur pression, de simuler l’impact des leviers agronomiques à différentes échelles puis d’évaluer l’efficacité de certaines pratiques agronomiques en fonction du niveau de pression des adventices dans les parcelles.
En présence de flore simple et à pression assez faible (graminées et dicotylédones), les solutions de pré-levée sont à privilégier. En présence d’une flore mixte, il est indispensable d’adapter sa stratégie de désherbage, tout en tenant compte de l’historique parcellaire. Les interventions doivent être raisonnées en fonction du niveau de pression des adventices.
Pour assurer une bonne implantation du colza, il est crucial de bien soigner la préparation du sol et de semer le plus tôt possible dès qu’un épisode pluvieux significatif est annoncé. Afin de réussir son colza en automne, il est essentiel de choisir une variété adaptée au contexte parcellaire et de mettre en place un programme de désherbage raisonné pour efficacement maîtriser les adventices.
Face à des conditions incertains et parfois difficiles, il est recommandé de recourir aux herbicides de post-levée précoce afin de sécuriser et d’adapter le désherbage du colza. Cette stratégie en post-levée offre une souplesse d’intervention et contribue à mieux maîtriser les levées.
Lorsque la pression des adventices est maîtrisée et que la densité en sortie d’hiver est répartie de façon homogène, il est recommandé de maintenir la culture car le colza possède une forte capacité de compensation. La conduite de la culture doit alors être adaptée à son potentiel réel.
Lorsque les conditions sont sèches, il est recommandé d’attendre que les conditions soient plus favorables et de profiter de certains épisodes pluvieux afin d’assurer l’efficacité de l’herbicide. De nombreux herbicides nécessite un taux d’hygrométrie élevée pour améliorer l’absorption foliaire.
Les excès d’eau favorisent le risque de lessivage des herbicides appliqués à la parcelle, notamment sur sols drainés ou soumis à des engorgements temporaires. L'application des produits peuvent alors être entraînés hors de la zone racinaire vers les eaux souterraines ou les réseaux de drainage, avec un risque accru de contamination des ressources en eau. Pour limiter ces risques, il est recommandé de privilégier des produits peu mobiles et d’ajuster les apports d’engrais en fonction des besoins réels de la culture.
Face à des fenêtres d’intervention de plus en plus courtes, notamment en pré-levée, il est essentiel d’anticiper ses traitements et de respecter les conditions d’application. L’application d’un herbicide en pré-levée doit être appliqué juste après le semis, avant la levée du colza pour empêcher la levée des adventices et assurer un bon démarrage de la culture. Pour gagner en souplesse dans le positionnement des interventions et sécuriser la culture, il est recommandé d’utiliser des herbicides en post-levée précoce.
La résistance aux herbicides représente aujourd’hui un défi agronomique majeur qui remet en cause l’efficacité de certains modes d’action herbicides. Suite à l’application d’un herbicide, plusieurs mécanismes de résistance sont observés chez les adventices, nécessitant une fine compréhension de ces phénomènes, et la mise de en place de bonnes pratiques agronomiques pour limiter leur développement.
Pour en savoir plus sur ce phénomène et mieux appréhender les risques, vous pouvez consulter notre article : résistance herbicides
Pour garantir la pérennité de la culture, il est essentiel de mettre en place en amont du semis, un ensemble de leviers agronomiques :
En présence d’adventices, les techniques de désherbage doivent être adapté à la flore dominante et au type de sol.
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Espèces dominantes |
Stratégie recommandée |
Conditions d’application |
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Graminées + dicotylédones |
Pré-levée, association anti-dicots et anti-graminées foliaires : spectre plus large |
En conditions fraîches, éviter les mélanges sensibles |
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Graminées dominantes |
Anti-graminées racinaire |
Conditions sèches, effectuer un passage tardif |
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Dicotylédones dominantes |
Antidicotylédones foliaire |
Attention aux légumineuses associées, s’assurer que la flore dicots est compatible avec le spectre |
La pré-levée doit se faire dans la foulée du semis lorsque les conditions de sol sont fraîches. En présence de plusieurs espèces d’adventices, les herbicides de pré-levée sont à privilégier car ils offrent un spectre plus large.
Il est recommandé de privilégier la pré-levée lorsque l’on vise un spectre très large pour sécuriser la levée du colza
Oui, dans le cas où une base de pré-levée a été faite : cela permet de rendre le désherbage de post-levée plus régulier et plus facile à positionner.
Les herbicides en post-levée : son efficacité est plus stable en conditions sèches.
Afin de gérer le géranium, il est recommandé d’intervenir en pré-levée puis de positionner la post-levée pour éviter les levées échelonnées ou l’effet parapluie.
Pour gérer une parcelle présentant des résistances avérées aux ALS, il est conseillé d’intervenir en pré-levée en évitant les modes d’action du groupe A ou O. La post-levée est en complément.