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Maïs : les bonnes pratiques pour un désherbage efficace 

Rédigé par Adama | 2 sept. 2026, 09:00:01

Pourquoi le désherbage du maïs est crucial pour la rentabilité de votre culture ?  

Réduction du rendement des parcelles 

Les adventices sont considérées comme "nuisibles" en raison de la concurrence qu’elles exercent sur les ressources essentielles au détriment de la culture. En nombre, les mauvaises herbes peuvent affaiblir les cultures, altérer la qualité des grains récoltés mais aussi réduire leur capacité à résister face aux maladies et aux ravageurs. Ces conditions peuvent entraîner une baisse importante du rendement. Il est donc nécessaire d’adopter des pratiques de désherbage rigoureuses, de mettre en place des méthodes adaptées, et de surveiller l’émergence de nouvelles espèces et des adventices existants pour protéger les cultures et garantir un rendement optimal. 

 

Développement de maladies et ravageurs  

Les adventices présentes dans les parcelles peuvent servir d'hôtes à divers parasites et agents pathogènes, susceptibles d'infecter les cultures du maïs. Par une mauvaise gestion des adventices mais aussi favorisées par le microclimat, ces conditions créent un environnement propice à la prolifération des micro-organismes et des ravageurs, intensifiant le risque de contaminations et d'infestations dans les cultures. 

Les principales maladies sont causées par les champignons tels que le mildiou et la rouille, les maladies virales comme le virus de la marbrure chlorotique du maïs (MCMV) et les ravageurs tels que le taupin, la pyrale et la chrysomèle.  

Pour limiter l’apparition des maladies et des ravageurs et des adventices, il est essentiel de mettre en places plusieurs mesures préventives. 

 

Le datura, une adventice particulièrement problématique 

Sur maïs, l’une des adventices les plus nuisibles est le datura stramonium : c’est une dicotylédone annuelle très envahissante et très toxique en cas d’ingestion, que ce soit pour l’Homme ou les animaux : cette toxicité s’explique par la présence d’une forte concentration d’alcaloïdes tropaniques (en particulier d’atropine et de scopolamine).   
En raison de la toxicité qu’elle produit, la règlementation en vigueur depuis le 1er septembre 2022, fixe des teneurs maximales en alcaloïdes tropaniques pour la nutrition humaine et animale.  

La présence de datura (sous forme de graines ou fragments) suffit à compromettre la qualité du fourrage et la qualité de la récolte. Etant donné de la toxicité de cette plante, une faible dose peut être létale. Il est essentiel d’intervenir le plus tôt possible pour garantir la qualité du grain. 

 

À quel moment faut-il désherber vos parcelles de maïs ? Les stades clés du désherbage 

Pour assurer un bon désherbage, il est essentiel de respecter les stades BBCH pour planifier efficacement les interventions sans compromettre le développement de la culture. En suivant l’itinéraire cultural (de l’émergence de la première feuille jusqu’à la dernière phase) tout en s’assurant que le maïs est en bon état végétatif, il est possible d’identifier les périodes d’intervention optimales pour lutter contre les adventices.  

Le choix du stade d'intervention et des produits herbicides dépend avant tout de la flore présente sur la parcelle. Il est donc recommandé d'intervenir le plus précocement possible afin de limiter la concurrence exercée par les adventices sur la culture. 

En pré-levée, l'utilisation d'herbicides racinaires est déconseillée. En effet, des conditions humides ou des épisodes pluvieux peuvent favoriser leur transfert vers les racines du maïs et entraîner des risques de phytotoxicité, notamment au stade pointant. Le désherbage est ainsi à privilégier en post-levée précoce, idéalement entre les stades 2 et 4 feuilles, lorsque les adventices sont encore jeunes et plus faciles à maîtriser. 

Au-delà du stade 6 feuilles, les possibilités d'intervention se réduisent : les doses doivent être adaptées et les applications réalisées de manière plus localisée afin de limiter les risques pour la culture. Par ailleurs, une intervention tardive en post-levée complique le contrôle des adventices, devenues plus développées. Enfin, il est fortement déconseillé de désherber après le stade 9 feuilles, car les traitements peuvent perturber la formation du futur épi et pénaliser le potentiel de rendement. 

 

En fonction des conditions météorologiques 

Les conditions météorologiques influencent considérablement l’efficacité du désherbage du maïs (mécanique ou chimique). Selon ces paramètres, le désherbage peut être moins efficaces sur les adventices. C’est pourquoi il est important de déterminer les périodes d’applications optimales grâce au stade BBCH et de mettre en place une stratégie de désherbage adaptée en fonction des conditions climatiques pour optimiser leur efficacité.  

Pour cela, on distingue les produits à action foliaire qui nécessite une hygrométrie suffisante et les produits à action racinaire dont l’efficacité dépend principalement de l’humidité du sol. 

Pour les produits foliaires :  

  • Assurez-vous que le taux d’hygrométrie soit supérieur à 60% (le traitement doit se faire avant 9h ou après 21h) : une faible hygrométrie suite à l’application d’un herbicide peut réduire l’efficacité des molécules, tandis qu’un excès d’humidité peut favoriser leur lessivage et diminuer leur concentration active.     
  • La température doit être comprise entre 10 et 15°C en limitant les écarts de température.
  • Éviter les traitements sous forte chaleur ou vent. 
  • Lisez et respectez les conseils d’applications notifiés sur les étiquettes réglementaires des solutions utilisées.

     

Pour les produits racinaires : 

  • Assurez-vous que le sol soit suffisamment humide pour permettre la solubilisation.
  • L’application des produits racinaires est principalement réservée aux parcelles à forte pression comme les graminées estivales (panic, sétaire, digitaire). Les produits foliaires restent donc à privilégier. 

 

En fonction des adventices présentes et des types de sol 

Lors du désherbage du maïs, les adventices ne réagissent pas toutes de la même manière.  Il est donc nécessaire de déterminer le stade de développement, la densité et l’espèce de l’adventice, mais aussi le type de sol. 

La flore adventice présente détermine en grande partie la stratégie à adopter. Il est donc essentiel tout d’abord, de définir la flore d’adventice selon votre région afin d’identifier les espèces présentes et d’adapter les méthodes de lutte. On distingue les graminées estivales (panic, sétaire, digitaire) des graminées plus classiques (ray-grass, vulpin), les dicotylédones classiques du maïs (morelle, chénopode, renouée persicaire) des dicotylédones plus difficiles à maîtriser ou encore les vivaces. 

En présence d’une flore importante de graminées ou d’une flore mixte dense (graminées et dicotylédones), il est recommandé d’intervenir en prélevée puis en post-levée. Lorsque le ray-grass présente une résistance aux sulfonylurées, la stratégie doit reposer sur une prélevée à base de chloroacétamides. En cas de sol sec au moment du semis, une post-levée précoce, entre une et trois feuilles du maïs, est conseillée. Si la flore est dominée par des dicotylédones, avec peu ou pas de graminées, le désherbage peut être réalisé en post-levée en un ou deux passages. Pour le liseron des haies, une lutte spécifique est nécessaire pour le détruire, ou bien une lutte conjointe visant à freiner simultanément graminées, dicotylédones et liserons.

Les adventices les plus résistantes aux herbicides nécessitent le recours à des formulations spécifiques qui combinent plusieurs modes d’action pour limiter les risques de contournement des substances actives. Il est nécessaire de combiner les traitements chimiques ciblés avec les méthodes de désherbage mécanique. 

Lorsque la densité des adventices est élevée, les mauvaises herbes entrent en concurrence avec la culture du maïs. Une couverture végétale trop dense peut réduire l’efficacité du traitement. Il est donc important de contrôler le nombre d’adventices présente sur les parcelles. 

Le type de sol joue un rôle essentiel dans l’efficacité des stratégies de désherbage. Les sols argileux, par leur structure compacte et leur capacité de rétention d’eau, favorisent la diffusion des herbicides racinaires. À l’inverse, les sols sableux, plus drainants, facilitent la pénétration des produits mais augmentent le risque de lessivage. Cela nécessite d’autres méthodes alternatives. Les sols riches en matière organique ont une forte capacité d’adsorption ce qui peut réduire l’efficacité du traitement. Il est donc essentiel d’ajuster et respecter les doses à appliquer pour assurer une gestion efficace des adventices. 

 

Désherbage mécanique et/ou chimique ? 


Le désherbage mécanique  

Le désherbage mécanique repose sur différentes techniques qui visent à éliminer les adventices. Plusieurs techniques permettent d’éliminer les adventices : 

  • Le binage qui consiste à éliminer les adventices mais aussi à ameublir la couche supérieure de la terre avec une bineuse. L’action mécanique du binage casse la croûte superficielle du sol et détache les racines des mauvaises herbes. Ce processus fragilise leur ancrage et les empêche de capter efficacement les ressources essentielles (eau, lumière, nutriments...) ce qui entraîne leur dessèchement progressif. L’inconvénient de cette technique c'est qu’il peut provoquer de nouvelles levées si le binage est trop profond.
  • La houe rotative permet d’arracher les jeunes adventices en surface, d’ameublir la terre pour favoriser la pénétration des éléments nutritifs et aérer le sol. Toutefois, si elle est mal réglée ou utilisée trop tôt après le semis, elle peut endommager les jeunes plants. 
Différentes techniques et outils existent et se développent autour du désherbage mécanique du maïs. Elles restent à adapter au profil pédoclimatiques de chaque parcelle. 

 

Le désherbage chimique  

Le désherbage chimique du maïs repose généralement sur une stratégie associant des interventions en pré-levée et/ou en post-levée, afin de maîtriser les adventices dès le début du cycle de la culture. L'objectif est de limiter la concurrence précoce, période pendant laquelle le maïs est particulièrement sensible à la présence de mauvaises herbes. 

Le désherbage de pré-levée est réalisé immédiatement après le semis, avant la levée du maïs et des adventices. Il s'appuie principalement sur des herbicides à action racinaire, efficaces sur les levées d'adventices annuelles. Cette intervention cible notamment les graminées estivales (panic, sétaire, digitaires) ainsi que de nombreuses dicotylédones comme les chénopodes, les amarantes, les renouées, les morelles ou les mercuriales. Son efficacité dépend fortement de l'humidité du sol, indispensable à l'activation des substances actives. 

Le désherbage de post-levée intervient lorsque le maïs et les adventices sont levés. Il permet de compléter ou de corriger le programme de pré-levée, en s'adaptant à la flore réellement présente dans la parcelle. Cette intervention vise aussi bien les graminées que les dicotylédones, y compris certaines vivaces telles que le liseron des champs, lorsque les conditions d'application sont favorables. Le choix des produits et du stade d'intervention est déterminant pour obtenir une efficacité optimale tout en préservant la sélectivité vis-à-vis de la culture. 

En France, les programmes de désherbage du maïs comprennent en moyenne un à deux passages herbicides. Une stratégie en un seul passage de post-levée peut être envisagée lorsque la pression en adventices est faible et que les conditions sont favorables. En revanche, dans les parcelles fortement infestées ou présentant des levées échelonnées, l'association d'une pré-levée suivie d'une post-levée reste la stratégie la plus sécurisante pour assurer une maîtrise durable des adventices et préserver le potentiel de rendement.  

Toutefois, l’utilisation répétée d’herbicide spécifique peut leur donner un avantage compétitif. C’est la pression de sélection : certains adventices s'adaptent et deviennent progressivement moins sensibles (résistants), réduisant l’efficacité des traitements, nécessitant des doses plus importantes et d’autres méthodes alternatives. Cette résistance s’explique par différents mécanismes (mutation cible ou détoxification).

Pour éviter les sujets de résistance, il est conseillé de cibler vos interventions techniques et de respecter les doses recommandées par vos référents techniques. 

 

Les bonnes pratiques pour préserver la qualité du maïs lors du désherbage  


Établir un calendrier de désherbage

 

Combiner les méthodes de désherbage 

Pour optimiser la gestion des adventices dans les cultures de maïs, il est judicieux d’adopter une approche intégrée combinant le désherbage mécanique et chimique. Cependant, l’utilisation raisonnée des herbicides permet de garantir un contrôle optimal dans les zones plus difficiles d’accès ou particulièrement infestées. Cette association permet de favoriser une gestion durable des parcelles. 

 

FAQ : toutes les questions sur le désherbage 

Comment savoir si le sol est prêt pour le désherbage mécanique ?  

Le taux d’humidité du sol doit être équilibré avant de désherber. Un sol trop mou peut entraîner un mauvais fonctionnement des outils mécaniques, tandis qu’un sol trop dur rend le désherbage inefficace. On peut tester avec un outil ou en observant l’émiettement du sol après un passage léger. Ainsi, on assure un désherbage efficace. 

Le désherbage mécanique peut-il endommager les plants ?  

Oui, s’il est mal réglé ou effectué au mauvais stade de croissance. Un passage trop agressif ou trop proche des plants peut casser ou déraciner les jeunes pousses. Il est essentiel d’ajuster la profondeur et la vitesse d’intervention selon le stade de développement de la culture. 

Quand est-il trop tard pour désherber le maïs ? 

Le désherbage est délicat après le stade 6-8 feuilles du maïs. Au-delà de ce stade, les racines sont plus développées mais aussi plus sensibles, et les risques de stress ou de casse augmentent. Il est donc préférable d'intervenir avant ce stade pour garantir l’efficacité de la culture. 

 

CONCLUSION 

Pour assurer un bon désherbage du maïs, il est important de choisir la méthode la plus adaptée en fonction de la parcelle, des facteurs pédo climatiques, du mode de culture (conventionnelle, raisonnée, biologique,...). En fonction de la flore adventice,  d’agir au moment optimal en se référençant aux stades BBCH, tout en tenant compte des facteurs environnementaux pour préserver la qualité du maïs et préserver le potentiel de rendement.