Le mois d’avril marquera le début de la récolte brésilienne de canne à sucre, le plus gros producteur et exportateur mondial de sucre. De ce volume (40 Mt en 2025) et de la part attribuée à la production de sucre ou d’éthanol (50/50 en règle générale) dépendra, comme chaque année, l’évolution des cours mondiaux. La baisse des prix de l'essence par Petrobras pourrait inciter à une utilisation accrue de la canne à sucre pour le sucre plutôt que pour l'éthanol. Mais pour l’heure, les spéculations vont bon train, tablant sur une bonne récolte brésilienne. « Les spéculateurs sont d’ailleurs actuellement vendeurs-nets, avec un volume dépassant les 12 Mt de sucre – un record proche du niveau historique de 2019 – ce qui provoque quelques mouvements à l’échelle mondiale, note Timothé Masson, économiste au sein de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves). Pour autant, les prix restent bas, en dessous des 14 cts/lb : un niveau rarement atteint depuis octobre 2020. Selon moi, nous approchons le seuil le plus bas, d’autant que les stocks affichent eux aussi des niveaux faibles, sous la barre des 1,5 Mt. Les prix devraient donc se maintenir dans les mois à venir. »
En Europe, des baisses de surfaces attendues
L’objectif est désormais de tenir jusqu’à l’automne prochain. Parmi les éléments à prendre en compte : l’évolution des devises. « L’euro n’a jamais été aussi fort face au dollar et au real brésilien ce qui ne joue pas en notre faveur, note-t-il. Bien sûr, des aléas climatiques peuvent impacter la production des autres grands pays producteurs, à l’image de l’Inde. Mais ce dernier a déjà annoncé qu’il n’exporterait pas les 2 Mt prévues. » Et l’Europe ? « Alors que la récolte 2025, avec 16 Mt de sucre et un rendement moyen record de 91 t pour la France, se positionne parmi les très bons millésimes, celle de 2026 s’annonce en baisse, du fait de surfaces attendues en retrait entre 5 et 8 %. Avec un rendement « normal », nous devrions enregistrer une baisse de production de près de 2 Mt et redevenir importateur : une situation qui pourrait tirer les prix à la hausse », prévoit-il.