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Pucerons cendrés colza : identification et intervention terrain

Rédigé par Adama | 2 avr. 2026 11:15:01

Comment reconnaître le puceron cendré du colza ? 

 

À quoi ressemble le puceron cendré (Brevicoryne brassicae) ? 

Le puceron cendré est un petit ravageur de 2–3 mm de couleur vert-jaunâtre à gris-verdâtre. Il est recouvert d’une pruinosité cireuse blanche à grisâtre lui donnant un aspect mat et farineux. Il est facile de les reconnaître car ils forment des colonies denses regroupées entre elles sur les feuilles supérieures ou sur les tiges sous forme de manchon. Ces colonies peuvent persister l’hiver sous forme d'aptères et se multiplier rapidement après un hiver doux ou par temps chaud et sec. Ces pucerons cendrés peuvent être aptères ou ailés. Les ailés apparaissent lorsque les individus d’une colonie sont trop nombreux ou bien que la nourriture vienne à manquer. Les aptères sont globuleux avec cornicules courtes et antennes relativement courtes tandis que les ailés présentent un thorax plus sombre et un abdomen jaunâtre verdâtre. 

 

 

Où et quand l’observer dans la parcelle de colza ? 

On observe principalement ces ravageurs en bordure de champ, sur les feuilles et les hampes florales. Ils colonisent en périphérie et se nourrissent de la sève et forment des colonies denses. Il est recommandé de surveiller de la reprise de la végétation en automne jusqu’à 1 mois avant la récolte. Les stades critiques débutent des boutons séparés jusqu’au remplissage des siliques. La colonisation d’une parcelle peut également partir de l’intérieur si l’hiver a été doux et que les pucerons ont hivernés dans le champ. 

 

Quels sont les risques liés aux pucerons cendrés sur colza ?

Dégâts directs sur les plantes de colza 

Les dégâts suite aux attaques de puceron cendré sont importantes : on observe un affaiblissement et un ralentissement de la croissance, une perte de vigueur du colza pouvant aller à la déformation des tissus. Lorsque les colonies forment des manchons au printemps, on peut observer de l’échaudage, voire l’avortement complet des inflorescences colonisées. La nuisibilité peut être élevée, avec des pertes pouvant atteindre jusqu’à 18 q/ha. Ces dégâts peuvent compromettre le développement du colza dès les premiers stades et impacter le potentiel du rendement. 

 

À partir de quand les pucerons cendrés deviennent-ils problématiques ? 

Seuils d’intervention : ce qu’il faut retenir en pratique 

De début mars à la floraison : 
Il n’existe pas de seuil officiel de traitement. À titre indicatif, on peut se baser sur 1 colonie tous les 10 m linéaires pour envisager une intervention.

Si les colonies sont regroupées en foyers, un traitement ciblé de ces zones peut être privilégié. 
 

De la floraison jusqu’à un mois avant la récolte : 
Le seuil d’intervention est le suivant : 

  • Arrivées des pucerons par l’extérieure de la parcelle : 2 petites colonies (moins de 10 individus) /m² observées en bordure.

  • Hivernation des pucerons à l’intérieur de la parcelle (ex Sud de la France) : 1 petite colonie (moins de 10 individus) tous les 10 m linéaires. 

Avant toute intervention : 

Vérifier la présence d’auxiliaires. Les pucerons sont régulés par de nombreux ennemis naturels (syrphes, coccinelles, névroptères, parasitoïdes…), dont l’activité peut freiner le développement des colonies et parfois éviter un traitement. 

 

 

Quand et comment intervenir contre les pucerons cendrés du colza ? 

Observer avant d’intervenir : les bons réflexes terrain 

Avant toute intervention, il est recommandé de surveiller régulièrement vos parcelles lorsque les conditions environnementales sont défavorables. Les périodes à risque sont de début mars jusqu’à 1 mois avant la récolte.  

 

Quels leviers agronomiques pour limiter les infestations ? 

Voici les principaux leviers et méthodes de lutte à mettre en place : 

  • Utilisation raisonnée des insecticides : utiliser les seuils d’intervention adéquats et les insecticides ayant le moins d’impacts négatifs sur les auxiliaires.

  • Préserver et valoriser les populations d’auxiliaires : favorise la biodiversité (maintenir et planter les haies, bandes fleuries, bandes enherbées ...) et régule naturellement les populations. Les ennemis des pucerons sont les coccinelles, les chrysopes, les syrphes ou les parasitoïdes. 

 

Erreurs fréquentes à éviter face aux pucerons cendrés 

Intervenir trop tôt ou sans seuil clair 

Intervenir immédiatement après une simple observation est un traitement injustifié. Il est important d’observer la présence des pucerons et des auxiliaires dans les parcelles, de surveiller leur évolution, d’être vigilant lorsque les conditions météorologiques sont défavorables, et de connaître le seuil de nuisibilité avant d’intervenir. Pour rappel, en présence de pucerons, le seuil d’intervention n’est envisagé que lorsque l’on observe au moins 2 petites colonies (moins de 10 individus) /m² observées en bordure ou 1 petite colonie tous les 10 m linéaires. 

 

Négliger le rôle des auxiliaires naturels 

Se limiter qu’aux mesures curatives peut impacter le rendement et limiter l’efficacité de la lutte. Les recommandations techniques mettent en avant l’importance de valoriser les auxiliaires pour réguler les populations de ravageurs. Combiner les mesures agronomiques vous permettra de sécuriser votre culture face aux pucerons. 
 

Pucerons cendrés du colza : les questions fréquentes  

 

Les pucerons cendrés sont-ils dangereux chaque année ? 

La nuisibilité du pucerons cendrés du colza varie fortement selon les années, les régions, les conditions climatiques et le contexte parcellaire. Il s’agit notamment des attaques les plus précoces qui sont les plus préjudiciables, engendrant avortements et échaudages. 



Les auxiliaires naturels suffisent-ils pour limiter les colonies ?  

Les populations d’auxiliaires contribuent à limiter le développement des colonies et à préserver la biodiversité mais ne permettent pas d’éliminer tous les pucerons. Même s’ils sont capables de réguler un certain nombre de pucerons, en cas de conditions favorables aux pucerons, ils peuvent ne pas être suffisants et arriver trop tardivement. 

 

 

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