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Comment maitriser la renouée liseron du maïs

Rédigé par Adama | 9 oct. 2026, 08:30:00

Pourquoi la renouée liseron est-elle problématique pour les cultures de maïs ?

 

Reconnaître la renouée liseron du maïs  

A ne pas confondre avec les liserons des champs et des haies qui sont des vivaces, la renouée liseron (Fallopia convolvulus), aussi appelé “renouée faux liseron” est une dicotylédone annuelle. Elle est identifiable par ses cotylédons larges, elliptiques à ovales. Les fleurs sont petites, blanchâtres, discrètes et sont groupées en fascicules ou grappes peu dense à la base du pétiole, caractéristique du renouée liseron. Elle possède de nombreuses tiges grêles, couchées au sol. La tige possède un axe hypocotylé long et une gaine à la base du pétiole. C’est une plante annuelle à tige rampante et à racine superficielle. Elle ne possède pas d’organe souterrain de réserve.     

Quels impacts sur la croissance du maïs ? 

C’est une plante qui s’adapte bien à la sécheresse et qui exerce une concurrence directe sur les ressources essentielles du maïs, dès les premiers stades de développement. En s’enroulant autour des tiges du maïs, elle réduit la quantité de lumière disponible empêchant la photosynthèse. Si elle n’est pas correctement maîtrisée, elle peut causer d’importantes pertes de rendement.  

La renouée liseron produit en moyenne 100 et 750 graines par plant. Elle peut produire jusqu’à 10 000 graines. Il est donc essentiel de mettre en place des mesures préventives en amont avant qu’elle ne compromette le rendement. 

 

Anticiper l’apparition de la renouée liseron avant le semis de maïs 

Bonnes pratiques agronomiques préventives contre le renouée liseron maïs 

A long terme, il n’est pas possible de lutter contre la renouée liseron sans herbicides. Les mesures préventives comme les rotations de culture incluant des cultures d’hiver, peuvent limiter la présence des liserons mais sont moyennes efficaces en raison de leur capacité à produire beaucoup de graines et à rester viables plusieurs années dans le sol, sur tous les types de sols, même lors des changements climatiques.  

Il est essentiel d’agir sur le stock semencier et limiter la dissémination des graines en combinant les leviers agronomiques à votre itinéraire cultural. Pour cela, il est recommandé de limiter les sources de contamination en nettoyant les équipements agricoles à la sortie des champs et d’entretenir le bord des champs et des fossés pour diminuer et empêcher la production de graines.  

Pour favoriser une implantation rapide, il est recommandé de semer dans des conditions optimales pour assurer une levée homogène et rapide, de choisir un bon écartement des rangs et de s’assurer que le sol est suffisamment humide. 

 

Utiliser le travail du sol à bon escient 

Les moyens de lutte mécanique sont très limités. Le recours aux méthodes de désherbage, notamment le désherbage mixte, est le moyen de lutte le plus efficace contre les adventices. 

Le stade du maïs débute au printemps au mois d’avril/mai, jusqu’au mois de novembre. En présence de renouée liseron, il est recommandé d’intervenir entre le semis et le stade 7- 8 feuilles et d’effectuer un suivi attentif de la culture de la croissance végétative jusqu’au moment du remplissage des grains. Des traitements occasionnels peuvent être effectués en pré-semis. 

Un binage, réalisé de préférence sur sol sec après un premier traitement en pré‑levée ou en post‑levée, peut permettre un bon rattrapage. La combinaison d’un premier passage herbicide efficace et d’un binage bien conduit permet de favoriser la fermeture rapide de l’inter-rang et de limiter la concurrence des adventices. 

En présence d’une flore importante (présence de graminées estivales et dicotylédones classiques et émergentes, dont la renouée liseron), il est recommandé d’intervenir en pré puis en post levée. Il est possible d’effectuer un passage avec un herbicide racinaire et foliaire en post-levée. 

 

Lutte chimique : quels herbicides pour maîtriser la renouée liseron ? 

Substances actives efficaces en pré ou post-levée 

Avant toute application, le type d’intervention doit être raisonné et adapté en fonction de la flore présente sur la parcelle.

Les stades d’intervention peuvent varier selon l’herbicide utilisé : certains herbicides nécessitent une seule application en post-levée précoce tandis que d’autres requièrent un deuxième traitement (pré et post-levée). Les herbicides homologués doivent donc être utilisés avec précaution dans le respect des conditions d’usage, des délais avant travail du sol et des délais avant l’implantation de la prochaine culture. Ces précautions sont essentielles pour éviter les risques de phytotoxicité et garantir la conformité des interventions. 
 

Adopter une stratégie herbicide raisonnée 

Les interventions s’inscrivent dans une stratégie herbicide raisonnée.  L’efficacité des matières actives à long terme dépend de la manière dont elles sont intégrées dans les programmes de désherbage. Afin de préserver l’efficacité de ces solutions et limiter les résistances, il est recommandé d’associer, d’alterner et de diversifier les modes d’actions. Cette approche doit tenir compte de l’historique parcellaire, du niveau d’infestation et des périodes d’intervention. 

 

Associer plusieurs leviers pour une gestion durable de la renouée liseron 

Exemple de programme combiné dans le maïs 

La stratégie de désherbage doit être construite à l’échelle parcellaire. Le désherbage peut s’effectuer selon différentes approches (combinant le recours raisonné des herbicides et les leviers agromiques (desherbage mécanique, intercultures, rotations,...) et doit prendre en compte la nature de la flore présente sur la parcelle, le niveau d’infestation et les conditions de levée du maïs. 

Des résultats d’essais conduits par ARVALIS – Institut du végétal montrent qu’en présence d’une flore à dominante de graminée, un herbicide appliqué en pré‑levée permet d’atteindre un niveau de maîtrise supérieur à 90 %. À l’inverse, les stratégies basées uniquement sur des interventions en post‑levée n’obtiennent qu’environ 70 % de situations satisfaisantes. 

Par ailleurs, lorsque la parcelle présente un cortège diversifié de dicotylédones (classiques ou plus difficiles à maîtriser), une double intervention en post‑levée offre généralement les meilleurs niveaux de performance. Dans ce contexte, le choix du produit doit permettre d’ajuster la complémentarité des spectres d’action à la diversité des espèces présentes. 

 

Appui des outils de suivi et de pilotage 

Il n’existe pas d’outil de diagnostic spécifiquement dédié à la lutte contre la renouée liseron. Cependant, il est possible de suivre le Bulletin de Santé du Végétal (BSV) qui fournit et actualise régulièrement des informations sur l’état sanitaire des cultures.  

Le BSV rassemble les données d’observation (présence de ravageurs, maladies et symptômes), les stades de développement, des messages règlementaires et donne une appréciation du risque phytosanitaire établie en fonction des périodes de sensibilité des cultures et des niveaux de nuisibilité. 

Pour anticiper l’apparition de certains bioagresseurs, les instituts techniques, l’INRAE et les Services Régionaux de la Protection des Végétaux ont développé des modèles épidémiologiques (données de modélisation). Ces données s’intègrent dans la construction d’une stratégie de désherbage raisonnée. 

 

CONCLUSION : une vigilance continue contre la renouée liseron maïs 

Pour conclure, la renouée liseron est une adventice particulièrement compétitive au détriment des autres cultures, dont le maïs. Capable de compromettre le rendement si elle n’est pas correctement maîtrisée, sa gestion repose avant tout sur une détection précoce et une stratégie de désherbage raisonnée. Par un bon suivi, il est possible de réduire durablement la pression de cette adventice.