Le semis de la betterave sucrière est une étape importante. Une bonne gestion permet d'assurer une levée régulière et d'optimiser le rendement. Voici 7 conseils clés qui vous aideront à réussir votre semis et sécuriser vos rendements.
Pour maximiser le rendement et limiter les risques liés aux maladies et aux stress abiotiques, il est crucial de choisir des variétés de betterave sucrière tolérantes.
Dans les régions où les précipitations sont faibles et où l'irrigation est limitée, il est recommandé de privilégier des variétés résistantes à la sécheresse pour éviter le stress hydrique. Lorsque les climats sont plus froids, il est recommandé de choisir des variétés mi-précoce. Cela leur permet d’atteindre rapidement leur maturité avant l’arrivée des températures hivernales. Dans les régions humides où le risque de développement des maladies fongiques est élevé, il est recommandé de sélectionner des variétés résistantes aux maladies cryptogamiques.
La betterave sucrière est l’une des cultures qui présente la plus grande sensibilité aux maladies. Parmi ces maladies on retrouve principalement la cercosporiose, une maladie fongique très destructrice qui affecte le feuillage des betteraves et qui peut entrainer des pertes de rendement importantes pouvant atteindre 30% ; la rhizomanie, une maladie virale causée par le virus BNYVV qui peut entraîner des pertes de rendement racinaire allant de 10 à 15 % dans les cas modérés, et dépasser 30 % dans les situations les plus sévères. Il est possible d'observer une baisse de la teneur en sucre compromettant la qualité de la récolte ; les nématodes, des parasites du sol qui sont aussi très nuisibles. Les pertes de rendement sont importantes et peuvent atteindre 30 à 40 % dans les cas les plus sévères.
Pour limiter ces risques, l’utilisation de variétés tolérantes à la cercosporiose, la rhizomanie et aux nématodes est une solution efficace pour lutter contre ces agents pathogènes. Ces semences résistantes présentent une bonne résistance foliaire, une bonne protection fongicide et une bonne tolérance aux maladies fongiques. Pour cela, l’ITB a réalisé des listes de variétés recommandées se basant sur leurs expérimentations en collaboration avec leurs partenaires.
L’attention portée au semis de betteraves à sucre est donc primordiale pour la réussite de la culture car il conditionne à la fois sa performance agronomique et sa rentabilité économique. Un lit de semences bien préparé, un bon réglage du semoir et une météo propice sont les ingrédients incontournables pour obtenir une levée rapide et homogène.
En fonction des régions, les périodes de semis s’étalent de la mi-mars à la mi-avril. Dans les zones sensibles aux risques de gels printaniers, un semis trop précoce peut constituer un risque vis-à-vis de la montée à graine. Mais en choisissant une variété peu sensible on peut s’affranchir de cette problématique. Dans le cahier technique de l’ITB sur le choix variétal, cette sensibilité est évaluée par l’indice « montée à graine ». Plus l’indice est faible, moins la variété sera sensible.
La précocité du semis reste un plus, à la fois pour le rendement, mais aussi vis-à-vis du risque jaunisse. En effet, si la betterave est suffisamment développée au moment des vols de pucerons, elle sera moins vulnérable à leurs attaques.
La météo au moment du semis est aussi un facteur à regarder de près. L’ITB précise que l’arrivée d’une pluie dans les deux à trois jours qui suivent le semis, accentue le risque de formation d’une croûte de battance, compromettant la levée dans de bonnes conditions.
Il est conseillé de semer les graines à partir de mi-mars, au début du printemps et à la fin de l’été lorsque le climat est doux. Le sol doit être suffisamment drainé pour éviter la pourriture racinaire. Il est essentiel de vérifier la profondeur, la densité du semis et assurer que les températures soient supérieures à 10°C pour une germination optimale et une levée homogène.
Avant le semis, il est important d’ameublir le sol afin de favoriser une bonne aération et d’éviter la compaction : la semence de betterave est une graine à faible force d’émergence. Un sol battant constituera donc un obstacle à sa levée. La structure du sol doit être suffisamment fine sur les 5 à 6 premiers centimètres, pour que la levée se fasse de façon optimale. La germination sera aussi favorisée par un lit de semences bien ressuyé et réchauffé.
La texture du sol doit rester poreuse, continue et sans obstacle. Il s’agit de favoriser la progression rapide et régulière du système racinaire et de lui faciliter l’accès à l’eau et aux éléments minéraux. Une préparation du sol soignée simplifiera aussi les chantiers de récolte. Il est possible par exemple, d’utiliser un pénétromètre pour mesurer la résistance et la compaction du sol.
Un semis trop profond rend la germination difficile tandis qu’un semis trop superficiel, expose les graines à un dessèchement rapide notamment lorsque les conditions climatiques sont chaudes et sèches. Pour une germination optimale et assurer l’itinéraire technique, la profondeur de semis ne doit pas dépasser 2,5 cm.
À la récolte, une population de 95 000 à 100 000 plantes par hectare semble être la fourchette idéale pour un rendement optimal. Considérant un taux moyen de levée autour de 92 %, l’ITB préconise une densité de semis comprise entre 110 000 et 115 000 graines/ha. Sur cette base, l’institut précise que la boîte à vitesse du semoir devra être réglée en fonction : à savoir 19 à 20 cm entre les graines, pour un écartement inter-rang de 45 cm, ou 17 à 18 cm pour un écartement de 50 cm.
Un bon réglage du semoir et des éléments semeurs, doit aider au recouvrement de la graine, tout en évitant de trop tasser la terre au-dessus, afin que le contact sol-graine et l’humectation soient optimums. L'écartement des rangs doit être ajusté en fonction du type de sol et des équipements utilisés. Pour la culture des betteraves, celle-ci est semée généralement, avec un écartement des rangs de 45 cm et pour certaines régions de 50 cm.
Cependant, pour obtenir une population homogène et uniformément répartie, il est conseillé de cultiver les betteraves avec un inter-rang de 30 cm. Cet écart favorise une meilleure répartition des graines et une couverture rapide du sol. Néanmoins, cette pratique nécessite un plus grand nombre de passages sur le terrain, engendre un coût élevé et de la main d’œuvre ce qui rend certaines pratiques agricoles plus complexe.
Malgré ces nombreux avantages, le semi conventionnel à 45 ou 50 cm reste à privilégier.
Les semoirs pneumatiques et mécaniques présentent chacun des caractéristiques spécifiques, des avantages et des inconvénients.
Les semoirs pneumatiques distribuent des graines uniformément, avec précision, grâce à un système d’air. Facile à installer, ces semoirs permettent de doser les quantités de graines à semer par hectare, de répartir les semences sur le sol de façon homogène et nécessitent peu d’entretien.
Les semoirs mécaniques distribuent des graines grâce à des rouleaux ou des disques. Plus simple d’installation par rapport aux semoirs pneumatiques, cela permet de réduire les coûts d’entretien. L’avantage de cet outil c’est qu’ils sont moins sensibles aux variations climatiques.
Il est important de vérifier le réglage des sélecteurs et, pour les semoirs mécaniques, de contrôler attentivement l’état des disques.
Pour s’assurer d’un bon contact graine terre humide, la roulette étroite va assurer le plombage. Toutefois, il faut veiller à ce qu’elle ne tasse pas trop la terre au-dessus de la graine pour ne pas pénaliser l’émergence. Les roues de recouvrement peuvent être utiles aussi pour refermer le sillon tout en plombant la graine. L’ITB précise qu’il faut s’en servir aussi pour densifier la terre sous la graine pour en favoriser l’humectation.
Une bonne implantation de la betterave va lui permettre d’émerger vite et de façon homogène. Il s’agit d’une étape clé pour assurer la performance agronomique et économique de la culture.
Pour obtenir un semis de bonne qualité, il est essentiel de contrôler les conditions climatiques lors des périodes des gelées. Pour cela, il est conseillé de choisir une période où les conditions météorologiques sont stables, sans précipitations excessives.
Pour prévenir les betteraves du stress abiotique, il est recommandé d’introduire des semences résistantes et d’implanter des couverts végétaux dans l’interculture précédant le semis des betteraves. Cela permet de piéger l’azote minéral à une courte période pour éviter le lessivage et d’obtenir une bonne croissance à levée rapide. Pour ne pas compromettre le rendement, le choix des couverts végétaux doivent être adapté aux besoins de la culture principale qui suit.
Le sol doit atteindre une température optimale pour assurer une bonne germination des semences, et doit être suffisamment drainé et irrigué pour stabiliser les rendements. Le contrôle du taux d’hygrométrie permet d’ajuster avec précision l’irrigation et d’adapter les pratiques culturales en fonction des risques climatiques.
Un suivi attentif du post-semis est essentiel pour assurer une bonne levée. Voici quelques bonnes pratiques de suivi à adopter :
Pour assurer une levée rapide et homogène, il est important de combiner plusieurs pratiques agronomiques : maîtriser la gestion du sol pour assurer un bon contact graine-sol, maintenir un taux d’hygrométrie optimal et une bonne aération du sol pour éviter le compactage et assurer un désherbage précoce pour éviter la concurrence des adventices. En cas de forte infestation, des mesures curatives sont nécessaires.
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· 12 déc. 2025 ·
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