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Gestion des graminées : adapter ses pratiques pour durer

Rédigé par Adama | 21 sept. 2026, 08:22:08

À Senoncourt, Florent Thiebaud conduit une exploitation de polyculture-élevage de 340 hectares. Son système associe un troupeau de 55 vaches Charolaises et 10 Highland à une sole cultivée diversifiée, comprenant notamment du colza, du blé, de l’orge, du maïs, du tournesol et du soja.

Aujourd’hui, la maîtrise du vulpin et surtout du ray-grass est devenue un enjeu technique majeur. Florent constate que le développement des résistances rend les interventions chimiques de printemps de moins en moins efficaces. Pour limiter la pression des adventices dans la durée, il privilégie donc une approche globale, en agissant sur plusieurs leviers.

« Il faut absolument réagir vite et réfléchir aux assolements possibles. C’est la bataille numéro un à mener. Elle se poursuit avec les intercultures et le travail du sol, et elle se complète avec le désherbage chimique. En résumé, il faut raisonner en trois étapes : assolement ; travail du sol et interculture ; et chimie. »

L’allongement de la rotation constitue ainsi le premier levier. L’introduction de cultures de printemps, comme le maïs ou le soja, permet de rompre le cycle des adventices automnales. Florent complète cette stratégie par un travail du sol ciblé, la gestion des intercultures et la pratique des faux-semis, afin de réduire progressivement le stock semencier.

Lorsque la situation l’impose, des décisions plus radicales peuvent également être prises. « Même si parfois, il est compliqué de récolter une parcelle en céréales immature car on a investi dans la culture, il est important d’agir stratégiquement, au risque de le payer pendant des années avec un stock semencier important », explique-t-il.

Miser sur l’automne pour préserver l’efficacité

La pérennité du système repose également sur la complémentarité des solutions chimiques. Dans un contexte de réduction des molécules disponibles, notamment avec le retrait du flufénacet, l’alternance des modes d’action et le positionnement des interventions deviennent essentiels pour préserver l’efficacité des programmes.

Dans cette stratégie, le chlortoluron constitue un levier de désherbage à l’automne sur blé et orge. Il vient compléter les leviers agronomiques mis en place en amont et permet d'intervenir sur les graminées dès l'automne, dans une logique de gestion durable des populations.

Le chlortoluron peut s’appliquer selon les deux modes, en pré levée ou en post levée précoce au stade 1-3 feuilles en sortie d’automne mais son spectre est plus large en post-levée qu'en pré-levée, notamment pour gérer des relevées de graminées en sortie d’hiver.

Pour Florent Thiebaud, l’enjeu est donc de ne pas attendre que les difficultés s’installent : agir sur l’assolement, réduire le stock semencier et intégrer la chimie au bon moment pour préserver la propreté des parcelles et sécuriser le potentiel de rendement dans la durée.

Comment construire sa stratégie de désherbage des céréales à paille ?​

 

 

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Chlortoluron : H351, H361d, H400, H410

Flufénacet : H302, H317, H373, H400, H410