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Le maïs, malmené par le climat de 2026

2026 restera, pour le maïs, une année marquée par de nombreux records : de précocité pour les semis et la récolte, d’excès de chaleur, de manque d’eau et de rendements bien en deçà des attentes. Pour autant, cette culture a su, en situations bien irriguées, faire preuve de résilience. Pour 2027, il est encore difficile d’anticiper l’évolution des surfaces.

 · 21 octobre 2026 · 

4 min

Au fil des semaines, les bilans se précisent. Si, dès le mois d’avril, les surfaces dédiées au maïs étaient attendues en baisse, les chiffres n’ont cessé d’évoluer au fil des semaines. Les données publiées par le service de la statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) tablent désormais, pour 2026, sur un recul de 19 % de la sole en maïs grain, à 1,2 million d’hectares et de - 5 % pour le maïs fourrage, à 1,13 million d’hectares. Cela n’aura échappé à personne : l’année fut très compliquée pour toutes les cultures de printemps. En cause, des conditions climatiques hors norme, ponctuées de plusieurs canicules et d’un manque d’eau persistant durant plusieurs mois.  
La récolte 2026 de maïs devrait être la plus faible enregistrée depuis 1980. Agreste évoque, au 15 septembre, une production de 7,9 millions de tonnes de maïs grain, contre 13,6 Mt en 2025 : soit un recul de près de 42 % sur un an, sous les effets cumulés d’une baisse des surfaces finalement récoltées (- 26 %) et du rendement (- 21 %). En maïs fourrage, la baisse de production atteindrait les - 27 %, à 11 Mt, contre 15,48 Mt un an plus tôt.  

Semis et récolte précoces

« Pourtant, la campagne avait débuté sous de bons auspices avec des semis de maïs précoces et rapides, se souvient Aude Carrera, animatrice de la filière maïs au sein de l’institut technique Arvalis. Fin avril, près de trois quarts des surfaces dédiées au maïs grain étaient déjà implantées. Mais le manque d’eau et les épisodes caniculaires de mai à août ont pénalisé le développement des cultures, perturbé la floraison et généré un important stress hydrique pour les plantes. » Résultat : un manque d’épis sur de nombreux pieds, des avortements de grains, un remplissage plus faible des grains, une masse végétative moindre et une sénescence précoce. « Bien évidemment, toutes les régions n’ont pas été logées à la même enseigne, poursuit-elle. C’est dans le grand Ouest, de la Bretagne à la Nouvelle-Aquitaine, en passant par le Centre et une partie des Pays-de-la-Loire que les pertes sont les plus grandes. Les sols profonds, dotés d’une réserve utile plus importante s’en sortent mieux mais ont également souffert du manque d’eau. »  

Autre constat : les exploitations équipées d’un système d’irrigation affichent, logiquement, de meilleurs résultats, bien qu’en-dessous de la moyenne quinquennale. « Les agriculteurs ont fait face à une campagne d’irrigation difficile, constate-t-elle. Ils ont dû démarrer les tours d’eau très tôt, dès le mois de mai et très vite, les cadences d’arrosage se sont accélérées tant les besoins des plantes étaient importants. Les équipements sont rarement dimensionnés pour répondre à un tel niveau de besoin, sans compter que certains départements ont également dû faire face à des restrictions d’irrigation très précoces. »  

L’un des faits marquants de l’année restera aussi le transfert de nombreuses parcelles de maïs grain en ensilage : une stratégie encouragée par le manque de fourrages dans la plupart des zones d’élevage. « Ces surfaces pourraient atteindre 230 000 ha, estime Aude Carrera ce qui, là aussi, constitue un record. Certaines parcelles de maïs, sans épis, ont également être réorientées vers la méthanisation. »  

Et pour 2027 ?

Alors que la récolte des maïs se termine, les yeux se tournent déjà vers les prochains semis. « Il est assez difficile de prévoir, à ce stade, quelle sera l’évolution des surfaces pour 2027, confie la spécialiste d’Arvalis. Mais bon nombre d’observateurs estiment que dans les zones d’élevage, les agriculteurs vont avoir besoin de reconstituer leur stock de fourrage. Dans ces régions, les surfaces dédiées au maïs ensilage pourraient augmenter. En revanche, dans les zones plus céréalières, tout dépendra de la sole qui aura été consacrée aux céréales d’hiver cet automne et donc, des hectares laissés libres pour les cultures de printemps. » Pour le choix de ces dernières, l’arbitrage se fait jusqu’au dernier moment, en fonction notamment de l’évolution des marchés.  
« Le maïs a toutefois montré sa résilience sous ce climat atypique, en conditions bien irriguées, poursuit-elle. La date de semis et le choix d’une précocité adaptée s’avèrent également très importants même si, en 2026, les semis précoces n’ont pas été avantagés. Pour un agriculteur, l’enjeu est dès lors de varier les précocités et les variétés pour limiter les risques au sein de son exploitation. Mais une chose est sûre, en situation non irriguée, c’est dans les sols profonds, affichant une plus grande réserve hydrique, que le maïs s’en sortira toujours mieux. » S’adapter au changement climatique est déjà d’actualité pour les maïsiculteurs : évolution des pratiques, gestion optimisée de la ressource en eau… autant de leviers d’action incontournables pour préserver les rendements.  

 

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