L’EARL de la Joue, située en Loire-Atlantique, entre Nantes et Rennes, est une exploitation de 290 hectares conduite par Guy Papion et son fils. Sur des sols variés, allant de profonds à hydromorphes, l’exploitation produit une large diversité de cultures, parmi lesquelles le blé, le colza, le tournesol, l’orge et le maïs. Ce dernier occupe 39 hectares, dont 32 hectares destinés à la production de grain et 7 hectares consacrés à l’ensilage pour la méthanisation.
Historiquement, le maïs était la seule culture céréalière envisageable dans les terres humides de l’exploitation avant leur drainage. Aujourd’hui, même si sa surface a légèrement diminué au profit du tournesol, il demeure essentiel à l’équilibre agronomique du système de culture.
Son principal intérêt réside dans la possibilité d’alterner les matières actives utilisées pour le désherbage. Pour Guy Papion, le maïs constitue un outil de prévention indispensable pour gérer les populations de ray-grass résistants présentes dans les parcelles de blé. En tant que culture de printemps, il contribue à rompre efficacement le cycle de ces adventices.
L’exploitation privilégie les techniques culturales simplifiées (TCS) et le semis direct. Le maïs est implanté derrière un couvert végétal complexe composé de féverole, d’avoine rude, de phacélie et de trèfle de Micheli.
L’itinéraire technique repose notamment sur les pratiques suivantes :
- Fertilisation : l’azote, sous forme d’urée, est apporté au stade 8 feuilles puis enfoui à environ 10 cm de profondeur entre les rangs.
- Binage : le passage de la bineuse est considéré comme une intervention clé. Au-delà de son rôle dans le contrôle des adventices, il permet de casser la croûte de battance. Selon Guy Papion, le maïs réagit particulièrement bien à cette opération, qui favorise l’aération du sol et stimule la croissance de la culture.
La stratégie habituelle repose sur un premier passage en prélevée, réalisé immédiatement après le semis sur sol frais afin d’obtenir une efficacité optimale contre les graminées estivales et le ray-grass.
Un second passage est effectué au stade 3 à 4 feuilles pour cibler les principales dicotylédones, notamment les chénopodes, les mercuriales et les renouées.
Si la flore adventice classique est globalement bien maîtrisée, une vigilance particulière est accordée à la renouée liseron, dont le contrôle devient plus complexe dans certaines parcelles.
Dans le cadre d’un essai mené avec ADAMA, Guy Papion a pu découvrir une modalité actuellement travaillée par ADAMA. Appliquée à la fin du mois d’avril, cette solution, actuellement en cours d’homologation, a été mise en œuvre dans un contexte marqué par des pluies intervenues peu après l’application.
Cette expérimentation s’inscrit dans les travaux engagés par ADAMA pour construire une gamme maïs complète et préparer l’arrivée de plusieurs nouveautés sur le marché français à partir de 2027.
Pour Guy Papion, face à la disparition progressive de nombreuses matières actives, deux critères apparaissent désormais comme essentiels dans le choix d’un herbicide :
- L’innovation, indispensable pour compenser la réduction du nombre de solutions disponibles.
- L’adaptabilité, qu’il considère comme le critère le plus important compte tenu des aléas climatiques. Disposer d’un produit offrant une large fenêtre d’intervention sans compromis sur l’efficacité constitue, selon lui, un avantage majeur pour la gestion de l’exploitation.

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