Pour sécuriser le rendement et la qualité sanitaire de la récolte, il est essentiel de combiner une surveillance rigoureuse, des techniques agronomiques adaptées et un choix variétal judicieux.
4 typologies de maladies les plus communes sur le maïs en France
Le maïs peut être confronté à plusieurs types de maladies, dont la fréquence et la gravité varient selon les régions et le climat :
- L'helminthosporiose (fusiforme ou mouchetée) : c'est l'une des maladies foliaires les plus redoutées. Elle se manifeste souvent après la floraison, surtout en conditions chaudes et humides avec de fortes rosées.
- Les fusarioses : Les fusarioses sur épis sont à la source de productions de mycotoxines. Les fusarioses de fin de cycle (feu fusarien, tiges creuses…) génèrent des pertes de rendement et risques de verse.
- Les charbons : on distingue le charbon commun, fréquent mais rarement dommageable et le charbon des inflorescences, plus rare mais capable de causer des pertes importantes en s’attaquant aux organes reproducteurs.
- Autres maladies foliaires : la rouille, la kabatiellose et l’anthracnose complètent ce panorama. Leur impact économique reste généralement limité, bien qu'elles puissent localement dégrader le feuillage.
- Les nécroses racinaires : dues à des champignons comme le Rhizoctone, des fusarium ou le Pythium, elles peuvent provoquer des verses localisées à l'approche de la récolte et une perte d’alimentation de la plante par nécroses racinaires.
L’impact des maladies sur le rendement et la qualité
La nuisibilité des maladies ne doit pas être sous-estimée. Les attaques précoces d'helminthosporiose peuvent provoquer un effondrement de l'activité photosynthétique, entraînant des pertes de rendement allant de 20 % à 50 % en maïs grain.
Au-delà du rendement, la qualité sanitaire est un enjeu majeur. Les fusarioses peuvent contaminer les grains avec des toxines (DON, zéaralénone, fumonisines), dont les seuils sont strictement réglementés en Europe pour l'alimentation humaine et animale. Enfin, les maladies racinaires fragilisent la tige, augmentant les risques de verse, ce qui complique la récolte.
Les pratiques agronomiques sont le premier levier de protection
La lutte contre les maladies du maïs repose avant tout sur la prévention et une stratégie de lutte intégrée :
1. Gestion des résidus de récolte : le broyage fin et l'enfouissement des cannes (par le labour) sont cruciaux. Les champignons hivernent souvent sur ces résidus ; leur décomposition rapide réduit le potentiel infectieux pour la culture suivante.
2. Rotation des cultures : éviter la monoculture de maïs permet de rompre le cycle de développement de nombreux pathogènes, notamment pour l’helminthosporiose et la kabatiellose.
3. Date de semis et de récolte : un semis précoce permet souvent d'esquiver les attaques de fin de cycle. À l'inverse, si des symptômes de fusariose sont visibles, il est recommandé de ne pas retarder la récolte pour limiter l'accumulation de mycotoxines.
4. Contrôle des ravageurs : les insectes foreurs (pyrales, sésamies) créent des blessures sur les tiges et les épis, qui servent de portes d'entrée aux maladies fongiques. Protéger les parcelles contre ces ravageurs réduit indirectement le risque de maladies.
5. Préparation du sol : un sol bien ressuyé et un travail du sol de qualité limitent les stress hydriques et les ralentissements de croissance juvénile, facteurs favorables au charbon des inflorescences.
Le choix variétal est le levier le plus efficace
Le choix variétal est considéré comme le levier le plus efficace pour maîtriser les risques, en particulier pour l’helminthosporiose où la sélection de variétés tolérantes est le principal moyen de lutte.
- Adapter la précocité : choisir une variété dont la maturité est adaptée à la région permet d'atteindre des teneurs en eau plus faibles avant l'arrivée des conditions humides de l'automne.
- Utiliser les variétés tolérantes : dans les zones à risque endémique (comme les zones humides ou les secteurs avec historique de maladies), il est primordial de privilégier des hybrides peu sensibles aux fusariums et à l'helminthosporiose.
- Consulter les références techniques : les agriculteurs peuvent s'appuyer sur les évaluations réalisées par les semenciers ou ARVALIS pour faire leur choix.
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