Le raisonnement du désherbage betterave doit se baser sur les adventices les plus présentes dans les parcelles de betteraves à savoir, pour les dicots, chénopode, renouée liseron, mercuriale, matricaire et renouées des oiseaux. « Côté graminées, force est de constater que depuis dix ans, la problématique vulpin et ray-grass est en forte augmentation, explique Sylvie Llados, chef marché betteraves chez ADAMA. Ces adventices complexifient le désherbage d’autant que les résistances augmentent et que le nombre de spécialités phytosanitaires disponibles diminue. » Or un désherbage mal contrôlé pose de sérieux problèmes : une concurrence accrue au moment de la levée, un impact sur le rendement et une gestion plus compliquée sur le long terme tout au long de la rotation.
S’adapter aussi au contexte de l’année
Pour autant, contrairement aux céréales par exemple, la betterave dispose encore aujourd’hui de plusieurs substances actives - 12 exactement – malgré le retrait récent du Triflusulfuron-méthyl et du S-métolachlore. « Un panel à préserver en prenant soin d’associer et d’alterner les modes d’action (code HRAC) et les familles chimiques de ces matières actives pour limiter la pression de sélection et ainsi préserver toute leur efficacité pour les campagnes à venir, précise Cédric Royer de l’ITB (Institut Technique de la Betterave). Un raisonnement optimal du désherbage passe aussi par une adaptation des doses en fonction de la densité et du stade des adventices présentes, ainsi que des conditions climatiques (hygrométrie, température, absence de vent) au moment de l’application. » La cadence des traitements doit quant à elle s’adapter au rythme de levée des adventices. Bien entendu, la lutte chimique ne doit pas faire oublier les bonnes pratiques agronomiques. Cette stratégie, plus globale, inclut l’allongement des rotations, le retour du labour (tous les 3 à 5 ans) et la mise en place d’un déchaumage et d’un faux semis. Autant d’actions qui permettent de diminuer le stock des graines adventices dans la parcelle.
Le coût du poste herbicide, entre 2 et 6 t de betteraves
Alexis Patry, de l’ARTB (Association de Recherche Technique Betteravière), a de son côté présenté, via des données chiffrées, le coût de cette protection. En 2023, la protection des plantes représentait 24 % des charges variables des exploitations betteravières, contre 23 % pour les semences et 46 % pour les engrais : des chiffres qui étaient, respectivement de 33 %, 29 et 31 % en 2018. Autrement dit, la part consacrée aux produits phytosanitaires tend à diminuer. « Sur la récolte 2024, les charges liées à l’utilisation d’herbicides représentent entre 26 et 50 % des charges phytosanitaires de la culture de betterave : cela va de 83 €/ha dans le Centre Val de Loire à 131 €/ha dans la Marne et dans l’Aube. La protection herbicide représente donc, selon la rotation culturale et la densité de mauvaises herbes, entre 2 et 6 tonnes de betteraves. » Ce poste reste important mais nécessaire pour une exploitation agricole : il convient donc de l’optimiser en ajustant au mieux sa stratégie.
Pour en savoir plus, consulter le webinaire ici
Triflusulfuron-méthyl : H351, H400, H410
S-métolachlore : H351, H317, H400, H410
Respectez les usages autorisés, doses, conditions et restrictions d’emploi mentionnés sur l’étiquette du produit et/ou consultez www.adama.com et/ou www.phytodata.com. Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez http://agriculture.gouv.fr/ecophyto. ®Marque déposée Adama France s.a.s. - RCS N°349428532. Agrément n° IF01696 : Distribution de produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels. Mars 2026. Annule et remplace toute version précédente.
