L’arrivée du charançon de la tige se fait souvent de façon progressive et discrète. Ce sont les premiers insectes à coloniser les parcelles en sortie d’hiver. Particulièrement problématique sur colza, le charançon est très influencé par les conditions météorologiques et la conduite parcellaire. La pression est alors très variable selon les années et les régions.
Cet article vous aidera à reconnaître le charançon de la tige, à identifier les critères de décision pour intervenir au bon moment et à mettre en place les bonnes solutions préventives à l’échelle parcellaire.
Le charançon de la tige est un petit coléoptère (3 - 4 mm), gris cendré avec un long rostre et le bout des pattes noir. Dans les parcelles, il est difficile de le repérer car il se laisse souvent tomber et simule sa mort à la moindre perturbation. Les symptômes sont visibles : présence de trous dans les tiges, éclatement des tiges ou nécrose.
L’adulte est noir mais peut paraître gris cendré en raison de sa fine pilosité. Généralement 3 à 4 mm de long, il possède un corps allongé et bombé, un rostre (trompe) qui porte des antennes et de fines pattes. Un critère distinctif important est le bout des pattes noires, qui permet de le différencier des autres espèces (la tige du chou, par exemple).
La larve, de couleur blanc jaunâtre est apode. Elle mesure environ 7 mm, et présente une tête brunâtre devenant brun jaune en fin de développement.
Le charançon de la tige est principalement observé sur les jeunes tiges en cours d’élongation, souvent sous le bourgeon terminal et au niveau du collet lors des premières phases d’activité. Les premiers vols commencent dès que la température dépasse 9°C et s’amplifient à partir de 12°C et à la sortie d’hiver. C’est de la reprise de la végétation jusqu’à la fin de la montaison (C2 et E) que sa présence devient particulièrement préoccupante.
Sur colza, les vols précoces et massifs entraînent généralement les dégâts les plus importants. Plus les attaques sont précoces et intenses, plus le nombre de ramifications principales et secondaires est réduit. L’impact sur le rendement peut atteindre plusieurs quintaux par hectare, voire beaucoup plus élevé si sa gestion n’est pas correctement maîtrisée. Il est essentiel d’identifier ces périodes à risques.
La nuisibilité du charançon de la tige du colza résulte de la ponte, provoquant une réaction des tissus de la plante. Les larves creusent des galeries, perturbent la circulation de la sève et affaiblissent les tiges. Ces dégâts entraînent des déformations ou une rupture de la tige. On observe alors un ralentissement de la croissance, une perte de vigueur et une diminution du nombre de ramifications qui impactent le potentiel du rendement et conduire à des pertes de rendement importantes.
Les charançons réalisent leur cycle de vie sur 1 an. Dans une parcelle de colza, leur présence n’entraîne pas systématiquement des pertes de rendement importantes. Le risque dépend principalement des conditions climatiques (notamment en conditions sèches), de la précocité des vols, des périodes à risque et de la vigueur du colza.
Un colza vigoureux et bien implanté qui présente une bonne croissance permet de limiter les dégâts. La décision de traitement doit reposer sur une observation régulière, une identification précoce des symptômes et une évaluation de l’échelle parcellaire avant toute intervention.
Pour le charançon de la tige du colza, il n’existe pas de seuil indicatif de risque basés sur le nombre de captures. Les premières captures sont souvent massives et le pic est immédiat. En période d’activité du charançon, il est recommandé d’intervenir entre le stade nœuds visibles et montaison, 8 à 10 jours après les premières captures. Lorsque les dégâts sont importants, un second traitement peut être nécessaire.
Sur colza, les principaux facteurs qui favorisent l’activité des charançons de la tige sont :
Afin de contrôler les premiers vols du charançon, il est recommandé d’installer des cuvettes jaunes dans les parcelles. Celles-ci sont généralement positionnées à hauteur de la végétation, car ils se déplacent principalement en rampant au sol. Les cuvettes doivent être disposées à environ 10 mètres de la bordure de la parcelle. Attirés naturellement par la couleur jaune, ils sont piégés dans les cuvettes.
Avant chaque intervention, il est possible d’identifier les fenêtres les plus favorables grâce aux données des stations météo agricoles. Ces données connectées aux outils d’aide à la décision partagent les conditions météorologiques de vos parcelles en temps réel et permettent de positionner vos traitements.
Les leviers agronomiques sont indispensables pour maîtriser et la pression des ravageurs et limiter leur nuisibilité. Pour cela, il est nécessaire de soigner l’implantation du colza (semis précoce, bonne densité, bon lit de semence, sol structuré). L’ensemble de ces pratiques permet d’assurer une germination optimale et un développement rapide. Ainsi, un colza robuste compense mieux les dégâts et supporte mieux les attaques du charançon.
Afin de rompre le cycle biologique de ces ravageurs, il est possible d’envisager plusieurs rotations de cultures. Les adultes hivernent et migrent dès que les conditions sont douces c’est pourquoi il est recommandé d’éviter les successions rapprochées des cultures.
D’autres solutions permettent de réguler ces ravageurs : la valorisation des populations d’auxiliaires. Capable de préserver la biodiversité, cette approche permet de limiter les traitements curatifs. En forte pression, chaque intervention s’inscrit dans une stratégie intégrée.
Intervenir immédiatement après une capture ou sur une simple observation ne permet pas d’infirmer une pression réelle. Cette intervention n’est pas justifiée. Il est préconisé de surveiller les vols sur plusieurs jours et d’attendre le pic de vol avant de décider d’une intervention, idéalement 8 à 10 jours après les premières captures significatives afin de maximiser l’efficacité.
Se reposer uniquement sur les mesures curatives peut avoir un impact important sur l’environnement et réduire l’efficacité de la lutte. Les recommandations techniques soulignent l’importance des auxiliaires pour réguler les populations de ravageurs. Il est donc essentiel de combiner les mesures agronomiques pour protéger le colza et lutter efficacement contre le charançon.
La nuisibilité du charançon de la tige du colza varie fortement selon les années, les régions, les conditions climatiques et le contexte parcellaire. Il est recommandé de surveiller chaque année vos parcelles.
Le charançon de la tige du colza est souvent confondu avec le charançon de la tige du chou, qui lui n’est pas nuisible. On les différencie par la couleur de leurs pattes : charançons de la tige du colza (extrémité des pattes noires) et charançons de la tige du chou (extrémité des pattes rousses).
Pour affiner l’évaluation du risque, il est important d’assurer une observation régulière et directe au champ (présence de charançons) et d’identifier les symptômes sur les tiges (dégâts directs).
La lutte contre le charançon de la tige du colza repose sur une approche combinée : surveillance régulière, leviers agronomiques adaptées et intervention raisonnée et ciblée. Cela permet de repérer le charançon suffisamment tôt, d’identifier les périodes à risques (pic de vol), d’assurer une bonne implantation du colza (bon semis, bonne densité, levée homogène) et d’opter pour une lutte préventive (ex : piège jaune).
L’ensemble de ces pratiques doivent donc être adaptées aux conditions locales : historique parcellaire, type de sol, climat de la région, date de semis, vigueur du colza.
Les populations auxiliaires contribuent à réduire la pression des charançons. Cependant, une forte densité de population et une intensité d’attaque élevée ne suffisent pas à compenser les dégâts. Il est recommandé de privilégier la lutte préventive et de combiner les stratégies de lutte.
Pour mieux gérer la santé de vos cultures, vous pouvez consulter le Bulletin de santé du Végétal (BSV) qui fournit des informations sur les maladies, les ravageurs et les stades de développement. Ces données vous permettront d’analyser les risques et de prendre des décisions stratégiques.
Pour limiter l’impact du charançon de la tige sur le potentiel de rendement, il est essentiel de mettre en place les bonnes stratégies de lutte : assurer une bonne implantation du colza (semis précoce, densité adaptée et levée homogène). Un colza vigoureux est plus apte à compenser les dégâts ; surveiller régulièrement vos parcelles et mettre en place des méthodes de piéage afin de détecter précocement les vols et les périodes à risque. Si une intervention est nécessaire, chaque décision doit être positionnée et raisonnée selon l’échelle parcellaire.
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