Le choix variétal est un levier agronomique essentiel pour sécuriser la production et préserver le potentiel du rendement. Face aux changements climatiques, à la pression croissante des maladies, aux résistances et aux exigences des filières, il est essentiel de mettre en place les bonnes pratiques agronomiques.
Le blé tendre est largement cultivé en France. Principalement destiné pour ses débouchés en meunerie, alimentation animale (fourrage, bovins et volailles) et parfois en biocarburant, il est majoritairement utilisé pour faire du pain. Très polyvalent, il présente un haut potentiel de rendement et une assez bonne résistance ce qui lui permet de s’adapter à toutes les régions quelles que soient les conditions climatiques.
Bien que la sensibilité variétale soit variable, le blé tendre se montre généralement plus stable. A la différence du blé dur, les grains sont plus pâles et plus souples. Il est recommandé de semer entre le mois d’octobre et mi-novembre pour le blé tendre.
Pour soutenir la croissance et assurer le potentiel de rendement du blé dur, il est essentiel de fractionner les apports en azote et veiller à la qualité boulangère (taux de protéines, taux en gluten, force boulangère, poids spécifique, teneur en eau et activité amylasique).
On distingue plusieurs profils variétaux :
Principalement destiné pour la fabrication de pâtes alimentaires, semoulerie et autres produits céréaliers, le blé dur par rapport au blé tendre, se différencie par sa forte teneur en protéines. Cette haute teneur en protéines augmente la valorisation industrielle du lot, indépendamment de la filière et contribue à renforcer l'intérêt nutritionnel de cette céréale.
Les grains sont jaunes et plus fermes et le gluten est plus tenace ; ils sont davantage sensibles aux variations climatiques (notamment le froid) et à certaines maladies fongiques (selon la variété).
Choix stratégique, l'ensemble des variétés disponibles doit répondre au mieux aux contextes pédoclimatiques et socio-économiques, et être adaptées aux types de débouchés (meunerie, alimentation animale produits céréaliers...). Chaque variété possède un potentiel génétique (fertilité, capacité de tallage, nombre d'épis/m², poids de mille grains...) qu'il convient d'adapter à l'itinéraire cultural et aux objectifs de performance agronomique.
Ce choix variétal joue également un rôle clé dans la gestion des maladies. En intégrant des variétés présentant de bon niveau de résistance, il est possible de réduire le recours aux traitements fongicides et le nombre de passages. Cette approche permet ainsi de sécuriser le potentiel de rendement tout en s’inscrivant dans une logique de maîtrise de l’IFT (indice de fréquence de traitement) et de durabilité des systèmes de culture.
Le blé, par rapport aux autres cultures, se distingue par sa bonne capacité d'adaptation, qui lui permet d'être cultivé dans une large diversité de contexte pédoclimatique. Dans le cas des blés d'hiver, cette adaptation repose notamment sur des différences d'alternativité entre variétés, critère déterminant pour leur adaptation aux conditions climatiques, et aux dates de semis.
Au sein des blés d’hiver, le choix variétal doit ainsi être raisonné en fonction du contexte de production, en intégrant à la fois les caractéristiques du milieu et les pratiques culturales.
Sur sols superficiels ou à faible réserve utile, il est recommandé de privilégier des variétés précoces à l’épiaison et à maturité afin d’éviter les stress hydriques et thermiques en fin de cycle. A l’inverse, sur les sols profonds à bonne réserve hydrique, le choix de variétés plus tardives permet de valoriser pleinement les ressources du milieu et d’exprimer un potentiel de rendement plus élevé.
Le choix variétal doit également intégrer des critères agronomiques essentiels tels que la tolérance aux maladies, la résistance à la verse et l’adaptation aux débouchés, afin d’optimiser à la fois la performance et la régularité de la culture.
Pour orienter vers le bon choix variétal, il essentiel d’identifier les périodes à risque dans chaque région et d’opter pour des variétés tolérantes pour sécuriser le potentiel de rendement. Il est également possible d’opter pour des variétés souples, vigoureux, ou peu exigeant. Le choix variétal dépend des objectifs de performance agronomique, de l’échelle parcellaire et des contextes pédoclimatiques.
Pour limiter les risques climatiques et sanitaires, il est essentiel d’adapter la précocité variétale aux dates de semis : un épisode glacial en février a montré qu’une variété trop précoce peut très tôt atteindre le stade épi 1 cm. À ce stade, la plante devient très sensible : les futurs épis peuvent être détruits dès –4°C. Il est recommandé de retarder le stade épi 1 cm pour éviter les gelées de fin d’hiver.
Pour les semis tardifs, il est recommandé de choisir des variétés précoces qui s’adaptent facilement aux conditions de semis décalées. Cela permet d’éviter la sécheresse et d’assurer la maturation des graines. En respectant les dates optimales de semis, cela permet de limiter les risques de gel au printemps et d’éviter les risques d’échaudage en fin de cycle.
Les résistances génétiques semblent être très prometteuses et efficaces pour lutter contre les maladies. Cependant, il n’existe aucune variété de blé qui est capable de cumuler un niveau suffisant de résistance à l’ensemble des maladies pour suffisamment réduire l’inoculum et supprimer tout recours aux traitements fongicides ; les résistances ont tendance à se dégrader ou à être contournée, et de nouvelles souches deviennent plus virulentes.
Pour valoriser le potentiel de résistance d’une variété, il est recommandé d’opter pour des variétés résistantes aux maladies fongiques adaptées à la culture en place. Ce choix variétal permet de réduire l’indice de traitement (IFT) et sécuriser l’itinéraire culturale. Attention, avant chaque traitement fongicide, il est essentiel d’évaluer la sensibilité variétale.
D’autre part, des études ont permis d’identifier et de caractériser des gènes de résistance spécifiques chez le blé tendre ciblant certaines maladies. Ce sujet pourrait être approfondi pour mieux comprendre le potentiel de ces résistances.
Pour en savoir plus sur les maladies du blé et les méthodes de lutte associées :
Pour chaque région, les objectifs technico agronomiques doivent répondre à des critères de qualité optimale. En meunerie, la production doit satisfaire les valeurs nutritionnelles et la qualité technologique. Il est recommandé d’utiliser des variétés qui présentent une force boulangère suffisante et un taux de protéines relativement élevé pour assurer la production.
De même pour l’alimentation animale, il est indispensable que la récolte, le séchage et le stockage soient maîtrisés. Ces conditions permettent d’assurer et garantir un bon rendement et une qualité satisfaisante. La performance doit donc reposer sur le respect de critères spécifiques : capacité de tallage, fertilité des épis, poids de mille grains, valeurs nutritionnelles et densité.
Chaque année, de nouvelles variétés de blé sont testées et évaluées. Les profils disponibles évoluent en fonction des besoins du marché, de la recherche génétique et des enjeux climatiques. Si ces variétés répondent aux critères agronomiques (qualité technologique et développement agronomique), celles-ci sont inscrites au catalogue officiel français ou européen.
Pour vous aider à choisir vos variétés de blé, vous pouvez vous appuyer sur vos référents techniques. Des organismes de recherche et des instituts techniques comme ARVALIS - Institut du végétal ou les Chambres d’agriculture, proposent des guides, des fiches techniques regroupées par culture, région et culture et des résultats d’essais (essais BSV). Ils mettent également à disposition des outils d’aide à la décision.
Pour améliorer les pratiques agronomiques et répondre aux enjeux techniques, des essais sont régulièrement menés et diffusés par les coopératives et les négoces. A l'issue de ces essais, les résultats obtenus permettent d’évaluer et comparer les variétés selon des critères spécifiques (contexte pédoclimatique, risques liés à la parcelle, indicateurs de performance...)
Chaque année, la liste des variétés évolue selon les résultats d'essais et les données des semenciers. Afin de garantir et sécuriser vos désherbages du blé tendre d'hiver, nous vous proposons notre outil VTT, un outil gratuit qui permet de vérifier la tolérance de votre blé tendre au chlortoluron et sa compatibilité avec Trinity®.
Aujourd’hui, le choix variétal constitue un levier stratégique pour sécuriser le potentiel du rendement. Chaque variété dispose d’un potentiel génétique propre : capacité de tallage, fertilité des épis, nombre d’épis par m², poids de mille grains, vigueur ou encore tolérance aux stress. Ces caractéristiques doivent être raisonnées en fonction de l’itinéraire cultural et des objectifs technico-économiques de l’exploitation.
TRINITY® - SC - 250 g/l de Chlortoluron + 40 g/l de Diflufenican + 300 g/l de Pendiméthaline - AMM N° 2160208 - Respectez les usages autorisés, doses, conditions et restrictions d’emploi mentionnés sur l’étiquette du produit et/ou consultez www.adama.com et/ou www.phytodata.com. Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez http://agriculture.gouv.fr/ecophyto. ®Marque déposée Adama France s.a.s. - RCS N°349428532. Agrément n° IF01696 : Distribution de produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels.

