Une mauvaise gestion des maladies de l’épi peut avoir un impact direct sur la productivité, la qualité des récoltes et la rentabilité de l’exploitation. Il s’agit notamment de la production de mycotoxines qui constitue un réel risque sanitaire. L’ingestion d’aliments contaminés est l’un des facteurs aggravants. En raison de la toxicité produite, les lots contaminés sont déclassés et non commercialisables, entraînant d’importantes pertes économiques dans la filière porcine, avicole, céréalière et dans l’industries agroalimentaires. L’ergot du seigle est l’une des maladies qui constitue un véritable enjeu de santé publique.
Pour en savoir plus sur les dangers de l'ergot du seigle pour vos cultures
Les fusarioses des épis sont des maladies sporadiques mais particulièrement nuisibles. Causé par les espèces du genre Fusarium, ces dernières sont capables de produire des mycotoxines pouvant altérer la qualité sanitaire, voir entraîner le déclassement d’un lot récolté.
Principalement causées par deux espèces de Fusarium, voici ce que l’on observe sur les épis. Chacune présente des symptômes caractéristiques permettant de les différencier facilement. Ces deux espèces se distinguent également par leur mode de vie, les conditions de croissance et les voies de contamination.
Fusarium graminearum :
Symptômes :
Modes de vie : champignon qui se développe dans les résidus de culture, les tissus infectés et les semences.
Facteurs favorisant son développement : température modérée et forte humidité
Voie de contamination : principalement par les soies au moment de la floraison
Fusarium verticillioides :
Symptômes :
Modes de vie : champignon opportuniste
Facteurs favorisant son développement : température élevée, humidité prolongée pendant la sortie des soies, blessures des épis
Voie de contamination : peut se transmettre par systémie via la semence et la tige, ou pénétrer par les soies et les blessures de l’épi
Le charbon commun est relativement peu nuisible mais très fréquent. Provoqué par le champignon Ustilago maydis, on observe le développement de tumeurs charbonneuses recouvertes d’une enveloppe blanche à grisâtre ainsi que des excroissances qui donnent à l’épi un aspect irrégulier en forme de grappe. À maturité, les enveloppes se déchirent et libèrent une masse poudreuse noire constituée de spores. Les symptômes peuvent être localisés sur une partie de l’épi ou sur plusieurs zones selon l’intensité de l’infection.
Même si le charbon reste peu nuisible, il est recommandé de mettre en place des solutions préventives car certaines variétés apparaissent plus sensibles.
L'Aspergillus sur le maïs est principalement causé par la présence de champignons du genre Aspergillus. Cette maladie est un problème de santé publique et environnementale : ces espèces peuvent libérer des mycotoxines (aflatoxines) qui sont très toxiques pour les êtres vivants. Les symptômes se manifestent par une croissance fongique sur les épis, les feuilles et les racines. Les épis atteints présentent souvent des grains décolorés, altérés ou couverts de moisissures, tandis que les feuilles révèlent des taches de forme circulaire ou allongée. Les racines, quant à elles, peuvent devenir nécrosées et fragiles, favorisant une verse prématurée des plants. Les situations à risque sont favorisées par un climat humide et sec, une récolte tardive, une absence d’irrigation et une mauvaise gestion des résidus de culture.
La fusariose du blé est une maladie fongique causée par plusieurs champignons du genre Fusarium qui affecte principalement les épis et les grains. On distingue principalement deux types de fusarioses : Fusarium graminearum et fusarium Microdochium.
La carie commune du blé est une maladie peu fréquente mais très nuisible. Même si cette dernière a fortement diminué grâce aux traitements fongicides, elle reste néanmoins très présente car plusieurs facteurs favorisent sa survie :
Pour garantir un bon état sanitaire, il est essentiel d’utiliser des semences saines et certifiées. Pour limiter sa propagation, il est recommandé de ne pas récolter immédiatement les parcelles infectées pour empêcher la dissémination des spores et préserver les parcellaires saines. Au moment de la récolte, il est conseillé de bien nettoyer la moissonneuse pour éliminer les spores résiduelles et réaliser un nettoyage minutieux de la moissonneuse-batteuse.
Le charbon nu est une maladie fongique de l’orge véhiculé par les semences. Favorisé par des conditions fraîches et humides, les symptômes du charbon nu apparaissent sur les épis à partir de l’épiaison. On observe que les enveloppes de la graine atteintes sont progressivement détruites et remplacées par une masse noirâtre constituée de spores. Ces spores sont ensuite disséminées par le vent et transportées vers les plantes saines. Sur les épis ne subsiste que le rachis.
Afin de lutter contre cette maladie, il est recommandé d’utiliser des semences certifiées ou non contaminées et des traitements de semences à base de triazoles, permettant de limiter efficacement la transmission du champignon.
Parmi les maladies de l’orge, on retrouve aussi le charbon couvert : cette maladie fongique est transmise par les semences au niveau des téguments et par le sol. Les spores contaminent la plantule lors de la germination. Il est recommandé d’utiliser des semences saines et de traiter avec des fongicides de contact ou systémiques, notamment à base de triazoles pour limiter la contamination et le développement du champignon.
Présente sur l’ensemble du territoire français, la ramulariose est une maladie de l’orge souvent négligée alors qu’elle peut avoir un impact significatif sur les rendements. L’inoculum de la ramulariose provient principalement des semences infectées ou de spores aériennes. La ramulariose touche principalement le feuillage mais peut aussi en moindre partie, présenter des taches occasionnelles sur les épis.
Les symptômes visuels à surveiller de près :
L'ergot des céréales est une maladie fongique provoquée par Claviceps purpurea qui touche plusieurs céréales, notamment le seigle, le triticale et le blé tendre. C’est un champignon (ascomycète) qui produit des sclérotes noirs ou violacés au niveau des épis des graminées et qui présente des alcaloïdes, des substances organiques très toxiques pour les êtres vivants.
Les symptômes visibles sur les glumes et les épis varient selon les maladies. L’observation au champ, un dépistage et un suivi régulier sont cruciaux pour réduire la pression des maladies. Ce suivi permet de déterminer l’état parcellaire, d’assurer la croissance et la vigueur des plants, et d’identifier toute anomalie (qu’elle soit d’origine biotique ou abiotique) : mauvais drainage, mauvaise levée du semis ou un apport déséquilibré en fertilisant.
Les situations à risque surviennent principalement lorsque les conditions climatiques sont défavorables (temps chaud et humide pendant la phase de développement) et lorsque les semis hybrides sont sensibles au champignon. Il convient de privilégier des pratiques agronomiques préventives pour lutter contre la fusariose (choix variétal, travail du sol, date de semis).
A l’heure actuelle, il n’existe pas de solution curative pour le charbon commun. Seule une solution préventive est efficace : le choix variétal avant le semis.
Les mesures préventives sont les plus efficaces. Il est recommandé de mettre en place plusieurs rotations de cultures en alternant les céréales à paille avec d’autres cultures, d’utiliser des variétés peu sensibles et de planifier les semis en évitant les semis précoces et trop denses sur des sols humides.
Depuis 2014, ADAMA est fortement engagé dans la lutte contre l’ergot des céréales. Les travaux menés ont démontré l’efficacité des herbicides pour réduire les contaminations à la récolte, aussi bien en termes de présence de sclérotes que de teneur en alcaloïdes. Seule la mise en œuvre d’un programme performant reposant sur deux applications permet de limiter efficacement le risque de déclassement des lots ainsi que les coûts additionnels liés au tri des récoltes. Les nombreuses actions de communication et de formation déployées au fil des années ont également contribué à sensibiliser l’ensemble de la filière aux enjeux agronomiques, économiques et sanitaires associés à l’ergot.
L'oïdium, l'helminthosporiose et la rhynchosporiose sont des maladies fongiques opportunistes et secondaires qui affectent principalement le feuillage. Toutefois, lorsque la pression de la maladie est importante et que les conditions pédoclimatiques sont favorables à leur développement, des symptômes peuvent également apparaître sur les épis : les conséquences sont variables selon l'intensité de l'attaque.